cYberPoète

samedi 26 novembre 2005

l'echappée

La vie est une course folle
Vers la non vie
du dehors vers le dedans
du mobile vers l'immobile
elle commence
etincelle
elle finie
braise
encens au mieux
elle ne chauffe
ou detruit
la vie est une echappée solitaire
vers l'infini
quand c'est fini
vers un port
inconnu


René Magritte

mardi 22 novembre 2005

Decomposition du monde


Michel Leiris

Corruption


Les hommes
torturés dans leurs corps
et pourris jusque dans leurs mots
dont tant sont aujourd'hui déviés
de leur pôle naturel

Les choses
vidées de leur contenu
et devenues oripeaux
de la puante comédie
où le monde sue sang et eau

Le son singeant le pain
le bois changé en laine
la couleur rouge du vin
alors que le sang blémit sur les murs des prisons
ou brunit en se mélant à la boue

La terre prise pour tanière
la lumière obscurcie
la femme faite nié de larmes
et l'homme mué en pierre
dont chaque jour comme chaque nuit accroissent le silence

Faudra-t-il
ô victimes
être à votre tour bourreaux
pour rendre a leur destins les essences ?

Edition Gallimard - reproduction interdite

vendredi 18 novembre 2005

Scandale mélancolique


Hubert-Félix Thiéfaine

Un grand cru de notre poète de la chanson francais viens de sortir




Pour ceux qui ne connaisse par voici un de ses textes :

Exil sur planète fantôme de Hubert-Félix Thiéfaine.
Paroles et Musique: Hubert-Félix Thiéfaine "Dernières balises avant mutation"
© Editions Masq.


En ce temps-là, nos fleurs vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins,
Quand le beau macadam nous traitait de salauds,
Nous traitait de salaud.

Nous vivions nos vertiges dans des vibrations folles
Et gerbions nos enzymes en nous gueulant : moteur !
Mais entre deux voyages, entre deux verres d'alcool,
Nous n'avions pas le temps de décompter nos heures,
De décompter nos heures.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, le rien s'appelait quotidien
Et nous allions pointer dans les jobs interdits.
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie
Où plane la folie

Et nous avions des gueules à briser les miroirs,
À ne montrer nos yeux que dans le contre-jour,
Mais entre deux délires, entre deux idées noires,
Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours,
Nous vivions à rebours.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, les gens s'appelaient citoyens.
Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes.
Aujourd'hui, la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide,
À rater mon suicide.

Mais je veux vivre encore plus ivre de cramer.
Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins.
J'ai traîné mes vingt siècles d'inutilité.
Je n'ai plus rien à perdre, mais j'en veux pour ma fin,
J'en veux pour ma faim.

Hubert Felix Thiéfaine
planète Thiéfaine

mardi 15 novembre 2005

dit du coeur qui bat

enfance désarmée
par le feu de nos désirs
attachée au silence
la peur de vivre ruine les mots
que l'on cache sous la pierre

coeur qui bat
loin
du monde
montre leur
que rien n'existe
sans toi.

lundi 14 novembre 2005

je vis je meurs

Je vis Je meurs
A chaque seconde
Je suis en émoi
Statue de chair
Mort
Vivant
Au rythme inébranlable
D'un cerveau trop lent
D'un coeur bouillonant
De multiples images
M'envahissent
Des hordes de mots
S'acharnent
Sur ma vie
Immobile
Futile

Je vis Je meurs
Chêne echainé
Immobile
Et pourtant
Si mobile