cYberPoète

samedi 1 octobre 2005

Bitume

Je suis la pierre
noire
Sur laquelle se couche
le soir
Un homme oublié
sans espoirs
un homme cassé
ivre
de douleurs, de peurs
ivre
de solitude de malheurs

Je suis le Bitume
Je suis fait pour vos voitures
longues et rapides
puissantes

Je suis le chemin de l'oubli
le chemin du futile
A quoi bon vous le cacher
Je serais peut-être votre tombe

Je suis l'âme du monde tel que vous l'imaginés
A mes coté restent ceux qui ne veulent pas suivre la voie banalisée

Je suis le Bitume
Le noir, l'amertume
Tu devras me suivre ou rester là
Sur le bas coté
Sur la pierre noire
chaque soir
endormi
sans vie...


Rebecca Gershwitz, GNN Arts & Leisure

mardi 20 septembre 2005

Poeme a cracher dans les ruines - Louis Aragon

Tous deux crachons tous deux
Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j'imagine

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lundi 19 septembre 2005

Reflux

QUAND le sourire éclatant des façades déchire le décor fragile du matin; quand l'horizon est encore plein du sommeil qui s'attarde, les rêves murmurant dans les ruisseaux des haies; quand la nuit rassemble ses haillons pendus aux basses branches, je sors, je me prépare, je suis plus pâle et plus tremblant que cette page où aucun mot du sort n'était encore inscrit. Toute la distance de vous à moi - de la vie qui tressaille à la surface de ma main au sourire mortel de l'amour sur sa fin - chancelle, déchirée. La distance parcourue d'une seul traite sans arrêt, dans les jours sans clarté et les nuits sans sommeil. Et, ce soir, je voudrais, d'un effort surhumain, secouer toute cette épaisseur de rouille - cette rouille affamée qui déforme mon coeur et me ronge les mains. Pourquoi rester si longtemps enseveli sous les décombres des jours et de la nuit, la poussière des ombres. Et pourquoi tant d'amour et pourquoi tant de haine. Un sang léger bouillonne à grandes vagues dans des vases de prix. Il court dans les fleuves du corps, donnant à la santé toutes les illusions de la victoire. Mais le voyageur exténué, ébloui, hypnotisé par les lueurs fascinantes des phares, dort debout, il ne résiste plus aux passes magnétiques de la mort. Ce soir je voudrais dépenser tout l'or de ma mémoire, déposer mes bagages trop lourds. Il n'y a plus devant mes yeux que le ciel nu, les murs de la prison qui enserrait ma tête, les pavés de la rue. Il faut remonter du plus bas de la mine, de la terre épaissie par l'humus du malheur, reprendre l'air dans les recoins les plus obscurs de la poitrine, pousser vers les hauteurs - où la glace étincelle de tous les feux croisés de l'incendie - où la neige ruisselle, le caractère dur, dans les tempêtes sans tendresse de l'égoïsme et les décisions tranchantes de l'esprit.

Pierre Reverdy in Ferailles . Edition Poésie Gallimard

Ce poète mérite vraiment qu'on le lise.

samedi 17 septembre 2005

Esprits bruyants

Si tu as peur
Dans la froideur de la nuit
Ecoute bien
Le bruissement des Esprits
Ils sont là
Autour de toi

vendredi 9 septembre 2005

Naufragés

Pourquoi pleurer ?'
Il faut ramer
avancer
au milieu du decor
des corps
morts

Pourquoi pleurer ?
la vie amère
continue
la mort la mer
n'a pas voulu
de nous
Elle a emporté
ceux q'on aimait
nous laissant là
au milieu de rien
la Mort à eut son festin
eloignons nous un peu