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lundi 16 octobre 2006

Emile Verhaeren - La Plaine


la plaine est morne et ses chaumes et granges
et ses fermes dont les pignons sont vermoulus,
la plaine est morne et lasse et ne se défend plus,
la plaine est morne et morte-et la ville la mange.
Formidables et criminels,
les bras des machines hyperboliques,
fauchant les blés évangéliques,
ont effrayé le vieux semeur mélancolique
dont le geste semblait d' accord avec le ciel.
L' orde fumée et ses haillons de suie

ont traversé le vent et l' ont sali :
un soleil pauvre et avili
s' est comme usé en de la pluie.
Et maintenant, où s' étageaient les maisons claires
et les vergers et les arbres allumés d' or,
on aperçoit, à l' infini, du sud au nord,
la noire immensité des usines rectangulaires.
Telle une bête énorme et taciturne
qui bourdonne derrière un mur,
le ronflement s' entend, rythmique et dur,
des chaudières et des meules nocturnes ;
le sol vibre, comme s' il fermentait
le travail bout comme un forfait,
l' égout charrie une fange velue
vers la rivière qu' il pollue ;
un supplice d' arbres écorchés vifs
se tord, bras convulsifs,
en façade, sur le bois proche ;
l' ortie épuise aux coeurs sablons et oche
et les fumiers, toujours plus hauts, de résidus :

ciments huileux, platras pourris, moellons fendus,
au long de vieux fossés et de berges obscures
lèvent, le soir, leurs monuments de pourritures.
Sous des hangars tonnants et lourds,
les nuits, les jours,
sans air et sans sommeil,
des gens peinent loin du soleil :
morceaux de vie en l' énorme engrenage,
morceaux de chair fixée, ingénieusement,
pièce par pièce, étage par étage,
de l' un à l' autre bout du vaste tournoiement.
Leurs yeux, ils sont les yeux de la machine,
leurs dos se ploient sous elle et leurs échines,
leurs doigts volontaires, qui se compliquent
de mille doigts précis et métalliques,
s' usent si fort en leur effort,
sur la matière carnassière,
qu' ils y laissent, à tout moment,
des empreintes de rage et des gouttes de sang.
Dites ! L' ancien labeur pacifique, dans l' août

des seigles mûrs et des avoines rousses,
avec les bras au clair, le front debout
dans l' or des blés qui se retrousse
vers l' horizon torride où le silence bout.
Dites ! Le repos tiède et les midis élus,
tressant de l' ombre pour les siestes.
Sous les branches, dont les vents prestes
rythment, avec lenteur, les grands gestes feuillus,
dites, la plaine entière ainsi qu' un jardin gras,
toute folle d' oiseaux éparpillés dans la lumière,
qui la chantent, avec leurs voix plénières,
si près du ciel qu' on ne les entend pas.
Mais aujourd' hui, la plaine, elle est finie ;
la plaine est morne et ne se défend plus :
le flux des ruines et leurs reflux
l' ont submergée, avec monotonie.
On ne rencontre, au loin, qu' enclos rapiécés
et chemins noirs de houille et de scories
et squelettes de métairies

et trains coupant soudain des villages en deux.
Les madones ont tu leurs voix d' oracle
au coin du bois, parmi les arbres ;
et les vieux saints et leur socle de marbre
ont chu dans les fontaines à miracles.
Et tout est là, comme des cercueils vides
et détraqués et dispersés par l' étendue,
et tout se plaint ainsi que les défunts perdus
qui sanglotent le soir dans la bruyère humide.

Hélas ! La plaine, hélas ! Elle est finie !
Et ses clochers sont morts et ses moulins perclus.
La plaine, hélas ! Elle a toussé son agonie
dans les derniers hoquets d' un angelus.

Extrait de : "les villes tentaculaires"

jeudi 12 octobre 2006

Guillaume Apollinaire

Apollinaire Whilhelm Apollinaris de Kostrowisky est né a Rome en 1880, de mère Polonaise et de père Italien. Il vecu tout d'abord a Monaco,  puis a Nice. A 18 ans, il se rend a Paris ou il trouve l'occasion d'accompagner une famille en Allemagne en qualite de précepteur.

Il tombe amoureux de "miss", sa jeune élève anglaise du nom d'Anne Playden. Celle-ci le repousse, il s'imagine alors dans la peau du "mal-aimé".

De retour a Paris, il collabore a diverses revues,  c'est l'heure des rencontres avec Alfred Jarry, Max Jacob et Picasso.

Dès 1907, le poète parvient a vivre de sa plume grace a son intense activité journalistique. A cette époque, il se lie avec Marie Laurencin.

En 1909, il publie "L'enchanteur pourissant".

1912 est l'année de sa rupture avec Marie Laurencin, mais surtout de la publication de "Zone" dans "les soirées de Paris".

A partir de 1913, il s'installe dans son appartement du 202 Boulevard St Germain. Se rapprochant de plus en plus de l'avant-garde littéraire et artistique, il defend ardement la peinture cubiste.

C'est a cette époque qu'il publiera son recueil "Alcools".

1914 est l'année des premiers "calligrammes",  la guerre étant là, il décide de s'engager. C'est aussi a cette période, qu'il nouera une relation éphémères avec Louise de Coligny-Chatillon "Lou". Il en resultera les célèbres "poèmes a Lou".

En 1916, alors qu'il vient d'obtenir la nationalité francaise, il recoit un éclat d'obus a la joue droite.

Lentement, me poète se remet de ses blessures, et on le voit reparaitre dans les mileux littéraires.

De jeunes gens se regroupent alors autour de lui, ils ont pour noms : Pierre Reverdy, Philippe Soupault et André Breton. Ils le considèrent comme le maitre de la génération nouvelle.

En 1917 se joue a Paris le drame "surréaliste" (mot créé par Apollinaire) intitulé "les mamelles de Tirésias". Puis parait le recueil "Calligrammes" qui rassemblent des textes ecrits, des jeux graphiques.

Deux jours avant l'armistice, Apollinaire quitte ce monde laissant une oeuvre novatrice qui inspirera toute la génération des poètes de l'entre deux guerres.

Les actionnaires

Ils ont criés que ce n'était pas serieux
vous comprenez messieurs
pas serieux
Ils ont hurlés bien fort que l'on ne pouvait pas
laissé passer des choses comme ça
qu'il fallait les respecter
car eux au moins
ils nourissaient la populace
grace aux boulots
aux taches
qu'Ils
daignaient
offrir
aux plus déshérités

Ils ont même pleurés
gemit qu'ils étaient incompris
qu'ils ne voulait que le bien
de leur portefeuille
de bonnes actions

finalement, ils sont partis
comme ils sont venus
heureux d'avoir montrer
leur égo
leur petit égo.

lundi 9 octobre 2006

Le voyageur

Il est venu, nul ne sait d'ou.
Il a observé le monde
lentement
sans un mot

Le voyageur au regard solitaire
Il avait fuit son monde en quète du bonheur
il n'a trouvé qu'absence de sens
qu'absence de mots

Alors
sans un bruit
Il est reparti
dans son ailleurs
le voyageur.

samedi 7 octobre 2006

Migrations

On est parti
Un matin
On est parti
Pour nulle part
On a marché
Des jours et des nuits
Pour nulle part
On est parti
Un matin

Un Jour peut-être
Ensemble on découvrira
Ce pays ce rève
Ou le miel coule a flots
Un Jour peut-être
Nous mélerons nous à la poussière du chemin
à la route du pélerinage
Nous nous ferons brin d'herbes
escargot sur le bord du chemin